La BLACK remplace la RED
Chez T&T on connait très bien les cellules Hana : SL, ML, et bien entendu la série Unami. Après avoir eu la Unami Blue un certain temps en écoute, notre système de référence est depuis 2 ans équipé de la Unami Red, que nous connaissons donc sur le bout des oreilles ! Quand l’occasion s’est présentée d’avoir la Unami Black en écoute, il va de soi que cela a généré un certain enthousiasme, et une certaine curiosité aussi : quelle peut être la différence avec la Unami Red à l’écoute ?Pour être honnête, nous prenons énormément de plaisir à l’écoute de la Red, et nos clients ferus de vinyle apprécient largement les séances d’écoute en sa compagnie. On est donc curieux de savoir jusqu’où va nous emmener cette petite merveille !
Présentation
Visuellement, elle est magnifique, avec son corps en aluminium de qualité aéronautique recouvert de multiples couches de laque. Elle bénéficie bien sûr de tout le savoir faire de Hana, et se distingue particulièrement par 2 aspects : en premier lieu, la Unami Black utilise un cantilever en diamant, taillé dans la masse, pour une rigidité exceptionnelle, et donc une transmission sans perte des plus infimes détails. Ensuite, son générateur à bobine mobile est inédit, baptisé « OKD », pour une transmission optimale de l’énergie et une parfaite maitrise des modes de résonances. Le diamant est de type microline.
Le niveau de sortie est de 0,3 mV, sa masse est de 11,3 g, la force d’appui recommandée est de 2,0 g et la charge recommandée est autour des 100 ohms. Des valeurs somme toute assez usuelles.
Installation
Nous avons donc installé la Black en lieu et place de la Red sur notre platine EAT Forte S optimisée (alimentation, porte cellule, câbles de cellule, tout nouveau câble phono Par Absolue Creations, palet presseur Furutech). La cellule est montée sur le porte-cellule nagaoka et avec les câbles cellule d’origine Furutech. Bien entendu, on refait une passe sur l’ensemble des réglages pour s’assurer qu’elle sera dans les conditions optimales. Au passage la longueur du cantilever est supérieure à celui de la Red, ce qui modifie assez nettement sa position sur le porte cellule. Même si bien évidemment on prend un maximum de précautions au vu du prix de la cellule, il n’y a eu aucune difficulté particulière. On note ici la précision de la fabrication : lors de notre réglage de l’azimut avec le Fozgometer, nous n’avons quasiment pas eu à modifier l’angle du bras.
Le pré phono est notre Soulnote E2 V2, qui nous ravit à chaque écoute. Réglages en MM, gain en position basse, charge 100 ohms, filtre sub déconnecté. L’amplification est assurée par le duo P-3/A-3 Core de Soulnote toujours. Le câblage est confié à Absolue créations (série Tim Infiny, secteurs Versailles et Vincennes)
Ecoute
La question que l’on se pose lorsqu’on monte une cellule de prix, c’est est-ce qu’on va avoir le retour attendu, est-ce qu’on va vraiment creuser l’écart avec la Unami Red ? Je vais évidemment partager mon ressenti à l’écoute, mais la réponse à cette question est très personnelle, en fonction de sa sensibilité, de son portefeuille et de ses priorités…
Donc premiers vinyles pour réveiller un peu la cellule, et d’emblée on est frappé par l’ouverture, par la scène sonore qui s’épanouit sans aucune contrainte : c’est très vivant, ça respire comme un sportif qui vient de faire un stage en altitude ! Le spectacle semble sans contrainte : en largeur bien entendu, mais également en hauteur ! Quand à la profondeur, sa perception est inhabituellement présente, on a le sentiment d’un plein épanouissement, sans que le système ou la pièces ne pose de contrainte ou de limite.
La précision est saisissante, avec un positionnement dans l’espace très solide, très crédible, avec une perception instantanée et sans effort du moindre déplacement de l’artiste ou d’un instrument. En corollaire, la perception de l’espace dans les enregistrements live est d’une vérité rare, avec une perception très fine et très facile des dimensions, de la provenance exacte de chaque petit bruit de salle. Cette précision se retrouve dans la somme de détails que l’on perçoit, avec jusque dans les arrières plans une perception très fine des matières, des dimensions, et des timbres, et ce même sur les tout petits signaux. Les attaques de corde, les réverbérations dans l’espace d’enregistrement, les subtilités de diction apparaissent avec une évidence totale.
En découle une intelligibilité d’exception, effaçant totalement, la complexité des plages les plus difficiles : il n’y a aucune trace de stress ou de tension, on « lit » dans l’oeuvre sans avoir aucun besoin de concentration, les instruments fusionnent sans aucune confusion, et en même temps chacun d’entre eux garde son espace, ses timbres : ça parait tellement facile ! Sur « petite musique terrienne » de l’album Melusine de Cécile Mclorin Salvant, le passage avec les coeurs passe avec une facilité et une intelligibilité à laquelle nous n’avions pas encore eu accès.
Honnêtement on a du mal à croire qu’il y ait autant d’informations à extraire de ce petit sillon ! Cela a de manière évidente un lien avec l’extrême rigidité du cantilever et avec la précision extrême du générateur, mais la définition est littéralement bluffante ! les timbres sont d’une superbe richesse, d’une véracité que l’on ne rencontre que très rarement ! J’en profite pour insister en particulier sur la lecture du bas du spectre : on n’a pas l’habitude d’entendre une telle richesse et une telle subtilité sur les pieds de grosse caisse, sur la première corde d’une contrebasse ou sur les nappes de synté : les textures, les résonances, les matières, les modulations sont évidentes, et le timing est d’une précision redoutable ! C’est rapide, avec une dynamique libérée, sans aucun effet de compression : l’énergie est extraite dans son intégrité, sans filtre, sans atténuation, et sans altération.
En passant une grande variété de styles, il semble également que la Unami Black parait totalement étrangère au moindre effet de résonance, à aucun moment nous n’avons noté d’amorce de saturation ou de distorsion, même sur des vinyles normalement hors de propos sur une telle cellule, très « limite » comme le live d’AC/DC a River Plate : jamais rien n’est hors de propos, jamais on ne perd le fil du concert, beaucoup d’énergie, mais pas une once de stress, d’agressivité ou de stridence, malgré le côté particulièrement brut de l’enregistrement.
La magie opère autant sur les morceaux très chargés que sur les plus minimalistes, ou l’ambiance s’installe de manière particulièrement crédible et palpable dans la pièce : on est attiré par le spectacle sans même en avoir conscience : la capacité de Unami Black à retranscrire l’ensemble des micro-détails qui constituent l’ambiance, le fond du morceau apporte une crédibilité inhabituelle : on oublie les appareils et on écoute l’artiste.
La grande force de la Unami Black est d’extraire une quantité impressionnante d’informations, mais sans jamais perdre le moindre pouillème en termes d’équilibre ou de cohérence : on peut dire que le niveau de transparence est de l’ordre de l’exceptionnel, tant on baigne dans l’esthétique sonore et dans l’ambiance propre à chaque morceau. La dynamique est superbe, le niveau de détail impressionnant, mais tout cela se fait avec du liant, avec une belle fluidité, qui permet à l’Unami black de vous présenter l’oeuvre comme un tout indivisible, ou l’on ne tombe jamais dans la superposition de détails les uns sur les autres. Ce n’est pas une cellule romantique, ce n’est pas non plus une cellule analytique, c’est une cellule honnête dans ce qu’il y a de plus noble, mais tellement aboutie qu’elle vous fera très probablement ressortir de vinyles préalablement mis de côté car inintéressants ou « mal enregistrés ».
Alors la question à 10 000 € : est-ce que la Unami Black vaut son prix ? Clairement elle ouvre des portes qui restent encore fermées dans la gamme du dessous, et disons-le franchement, ce qu’elle apporte n’est pas de l’ordre de la nuance, les performances peuvent être qualifiées d’exceptionnelles, de celles auxquelles très peu de mélomanes ont accès, même dans toute une vie. Sur notre système référence, il n’aura fallu que quelques secondes pour se rendre compte du niveau stratosphérique de cette cellule. Donc pour nous, oui elle vaut son prix, parce que si on a cette sensibilité, ce à quoi elle vous donne accès vous touche, vous émeut, et vous procure un plaisir d’exception.
